Les secteurs D’ACTIVITÉS de la RÉUNION

Depuis la départementalisation en 1946, l’économie de La Réunion s’est considérablement transformée pour passer d’une colonie agricole à une région moderne qui possède aujourd’hui un tissu économique dynamique et varié, et tous les attributs d’une société de consommation.

La Réunion présente aujourd’hui les caractéristiques d’une économie moderne, dont les services constituent la principale source de création de richesse. La tertiarisation de l’économie réunionnaise se poursuit et l’ensemble des services représentent 85% de la création de richesse sur l’île. La Réunion se distingue particulièrement, comme les autres DOM, par l’hypertrophie des services administrés (administration publique, éducation, santé et action sociale) qui contribuent ainsi pour plus de 37% à la richesse de l’île, contre 22,5% en France métropolitaine. Pourtant, malgré son développement et son rattrapage, l’économie réunionnaise reste fragile et dépendante des finances publiques et des fonds européens.

 

Premier constat selon l'Insee, la valeur ajoutée dégagée par les entreprises marchandes réunionnaises est de 6,9 milliards d'euros (contre 1 000 milliards au niveau national) , pour un chiffre d'affaires de 24,2 milliards d'euros(pour 3 900 milliards d'euros au niveau national).

L'investissement s'élève à 1,9 milliard d'euros, porté essentiellement par les activités immobilières (40 % de l'investissement total) et reste concentré sur une poignée d'entreprises, puisque on apprend que 5 % des entreprises (hors micro-entreprises) réalisent 94 % de l'investissement.

A noter que par rapport à 2014, la valeur ajoutée a augmenté de 259 millions d’euros soit + 3,9 % (contre + 2,6 % dans le même temps en France).  

 

La décomposition par secteurs de l’économie réunionnaise montre une prédominance des services. Les services marchands (qui comprennent notamment l’économie numérique, les transports, le tourisme, les services la personne et aux entreprises) créent 35,5 % de la richesse de l’île en 2011 (source : Insee, comptes définitifs). Les services non marchands (santé, éducation, action sociale) représentent 37,4 % de la VA en 2011, un poids supérieur à la moyenne nationale (mais proche des autres DOM), lié à la jeunesse de la population réunionnaise et à une précarité importante. Le poids des autres secteurs est par conséquent plus faible qu’au niveau national : le commerce génère 14 % de la valeur ajoutée en 2011, le BTP (6,6 %), l’industrie (4,4 %), l’énergie (2,5 %) et enfin l’agriculture et la pêche (1,4 %).

 

Les services non marchands regroupent 42,8 % des effectifs salariés totaux en 2015. Les services marchands emploient 31,1 % du total et le commerce 12,7 %. Le tissu économique réunionnais est composé de 56 837 entreprises en 2014. Les services marchands drainent à eux seuls 46 % des entreprises du département. Le commerce occupe la 2e place avec 21 % du total. 6 084 entreprises ont été créées en 2016, dont 57,7 % dans les services marchands et 24,3 % dans le commerce.

Carte Economique de La Réunion

Des taux de marge compris entre 12 % et 57 % selon les secteurs

L’économie réunionnaise est aujourd’hui largement dominée par le secteur des services, que ce soit en matière de création de richesse comme en matière d’emploi. Les services marchands constituent le premier secteur de l’île, hors services administrés, et représentent plus de 35% de la richesse créée et 30% des emplois. La valeur ajoutée des entreprises réunionnaises s’élèvent a 6,9 milliards d'Euros en 2015.

Bilans des secteurs en 2016

Le secteur agricole repose sur des filières structurées, mais fait cependant face à la concurrence des produits importés à bas prix, notamment pour les produits transformés. Deux filières tirent les résultats à la hausse : la production fruitière et légumière ainsi que celle de viande de porcins et bovins. La campagne sucrière connait une quasi-stagnation avec une légère baisse de 0,6 % de la production. Cependant, les exportations de sucre et de rhum connaissent une hausse significative (+12,4 % et +17,0 % en valeur). La pêche industrielle reste dynamique, avec des quotas de captures en hausse pour la légine.

 

Les projets se multiplient autour du décret sur la programmation pluriannuelle de l’énergie, visant à assurer l’autonomie du territoire à l’horizon 2030. Des investissements sont prévus dans le cadre du plan d’action « eau potable » ainsi que la création d’installations et d’actions afin de réduire et de valoriser les déchets.

 

Le chiffre d’affaires du BTP s’inscrit en baisse en 2016, lié à une commande publique (86 % de son CA) en recul pour la troisième année consécutive. Cette dernière progresse toutefois de 1,8 % hors logement social, malgré des dépenses liées à la NRL identiques.

 

L’activité du secteur du commerce reste dynamique en 2016 : les importations des biens de consommation progressent à un rythme supérieur à celui de l’année précédente (+3,2 %, après +2,0 % en 2015). Les ventes de véhicules restent dynamiques, même si le taux d’équipement demeure encore en retrait par rapport à la métropole.

 

Le développement du secteur des transports met en exergue la bonne tenue de l’activité et de la consommation à La Réunion. Port Réunion se positionne désormais comme « hub » de transbordement régional : il devient le quatrième port français en termes de trafic conteneurisé et le premier port maritime de l’outre-mer français. Pour la troisième année consécutive, le trafic aérien affiche une hausse pour atteindre 2,2 millions de passagers.

 

L’offre médicale et le contexte éducatif sont globalement satisfaisants, mais des marges importantes de progression persistent (offre médico-sociale carencée face au vieillissement de la population et retard de niveau de qualification plus marqué qu’en métropole).

 

Des défis à relever pour l'avenir

Les enjeux et défis à relever en matière de développement économique, d’emploi et d’action sociale sont donc nombreux à La Réunion pour faire face à la croissance de la population active, au chômage ou à l’importance du niveau de pauvreté, et ils d’autant plus difficiles à atteindre compte tenu des spécificités et des contraintes de ce petit territoire de l’océan Indien. La Réunion possède néanmoins de nombreux atouts pour continuer son développement économique, tout en préservant les exceptionnelles richesses dont elle dispose, à commencer par l’écotourisme ou le développement des énergies renouvelables, mais aussi le développement des transports alternatifs, l’économie numérique, la recherche ou l’innovation.

Les perspectives de développement économique pour La Réunion

En tant que collectivité territoriale responsable de la définition des orientations économiques sur son territoire, la Région Réunion a défini un « schéma régional de développement économique, d’internationalisation et d’innovation » (SRDEII). Ce schéma met notamment l’accent sur le défi majeur consistant à identifier les activités permettant aux entreprises et au territoire de se différencier et de faire face à la concurrence internationale en valorisant leurs atouts.

 

Portée par une dynamique favorable, avec une croissance de l’emploi trois fois plus forte que dans le reste de l’économie marchande entre 2008 et 2015, l’économie bleue constitue par exemple une perspective de développement envisagé : expansion des activités portuaires, production d’énergie marine... De même, la double appartenance de La Réunion à l’espace européen et au milieu tropical constitue une opportunité pour exporter chez ses voisins un savoir-faire adapté aux territoires insulaires ou tropicaux. Par ailleurs, l’économie sociale et solidaire est actuellement en plein essor à La Réunion. Réunissant les entreprises cherchant à concilier solidarité, performances économiques et utilité sociale, elle emploie 5 % des Réunionnais en âge de travailler, pour la plupart au sein d’une association.

 

L’un des principaux obstacles évoqués pour expliquer les difficultés économiques de La Réunion réside dans la petite taille de son marché. Face à une demande intérieure limitée et privées d’économies d’échelle, nos productions ne peuvent affronter par elles-mêmes la concurrence de grandes entreprises continentales. Elles souffrent en outre de la proximité géographique de pays à faibles coûts de main d’œuvre et à la législation accommodante qui, pour certains, bénéficient d’un accès privilégié aux marchés communautaires au titre des Accords de Partenariat Economique. Si ces constats sont parfaitement fondés, ils questionnent d’abord la pertinence du modèle économique construit par la départementalisation : transposer sur un petit territoire, sans ressources fossiles, un système économique industriel fondé sur la production de masse de biens identiques, au prix le plus bas; un système qui transforme automatiquement nos spécificités insulaires en handicaps. Heureusement, ce modèle cède aujourd’hui la place à de nouvelles formes d’organisation de l’économie. La quête de la standardisation s’accompagne désormais d’un mouvement de différenciation. Pour s’imposer face à la concurrence, les entreprises misent de plus en plus sur la compétitivité «hors-prix» : proposer des biens et des services spécifiques, qui présentent des caractéristiques uniques, non reproductibles et répondent aux attentes d’une clientèle de plus en plus segmentée. Pour La Réunion, cette évolution offre une opportunité de choix, car elle est riche d’un patrimoine naturel et culturel singulier qui peut soutenir de multiples activités : agriculture et agroalimentaire, artisanat, industries culturelles et créatives,tourisme... De même, l’insularité, la petite taille et la tropicalité apparaissent comme autant d’atouts pour développer des solutions singulières adaptées aux besoins de marchés émergents.

 

Cette prise de conscience de l’importance de la singularité replace au cœur de la réussite économique les territoires. Loin d’être des réceptacles passifs de l’activité, ceux-ci jouent un rôle central dans le succès et la croissance des entreprises : ils offrent des ressources rares, favorisent les échanges de savoirs, de savoir-faire et d’informations, facilitent l’identification d’opportunités d’affaires et la transformation rapide des idées en produits singuliers. La reconnaissance de l’ancrage territorial de l’économie met en lumière la nécessité d’intégrer pleinement la question sociale dans nos politiques : celle-ci n’est pas un facteur extérieur, elle intervient tout au long du processus de production. La capacité d’adaptation des entreprises dépendant étroitement du milieu culturel, des représentations, des habitudes et des aptitudes qui structurent les comportements des acteurs. La recherche de la performance économique suppose donc de garantir un niveau élevé de cohésion et de répondre au mieux à la multiplicité des demandes sociales : éducation, logement, entretien et réhabilitation des quartiers,insertion sociale et lutte contre la pauvreté, petits commerce, ressourceries et valorisation des objets délaissés, préservation des milieux naturels, services à la personne, services culturels et de loisirs... Ces services de proximité présentent le double avantage d’apporter une réponse concrète à des problématiques aigües, d’améliorer le vivre ensemble et la qualité de vie tout en offrant de formidables gisements d’activités, non délocalisables : plus de trois millions d’emplois au sein de l’Union Européenne selon une étude de la Commission. Ils soulignent ainsi la nécessité de renforcer, aux côtés des services publics et des entreprises marchandes, une troisième voie : celle de l’innovation sociale et de l’économie sociale et solidaire. Celles-ci ne se définissent pas comme un secteur d’activité, mais par leur finalité : résoudre des problématiques sociales peu ou mal satisfaites par l’implication des usagers et des bénéficiaires et à travers des formes aussi variables que les associations, les coopératives ou les mutuelles. Si leur objectif n’est pas lucratif, leur poids économique s’avère déterminant. La Réunion accueille plus de 1800 établissements employant 24 400 salariés, soit 11% des effectifs locaux.