L'economie la plus dynamique de l'outre-mer francais

Un climat des affaires favorable

En 2017, le produit intérieur brut (PIB) de La Réunion progresse de 3,2 % en volume, soit la 4e année de croissance à un rythme proche de 3 %. Le PIB par habitant progresse de 2,6 % en volume en 2017 pour s’établir à 21 500 euros, soit 63 % du niveau national. Au plan national, le PIB progresse de 2,2 % en volume. A Maurice, la croissance économique s’établit à 3,8 % en 2017. Globalement, la croissance se maintient dans l’océan Indien. L’année 2017 confirme le maintien de l’économie réunionnaise dans un environnement conjoncturel bien orienté. L’embellie qui s’est dessinée en 2013, puis a pris forme en 2014, perdure et se consolide. Toutefois, l’image d’une économie proche de son haut de cycle reste présente, avec des signes de plafonnement et de tassement de certains moteurs de la croissance, notamment ceux liés à des leviers temporaires ou exceptionnels (les taux bas, la faible inflation et la Nouvelle Route du Littoral). L’enjeu consiste donc à activer des moteurs de relais suffisamment robustes pour maintenir ce rythme de croisière ou tout au moins éviter un ralentissement. L’amélioration est générale dans tous les secteurs.

La consommation, toujours moteur de croissance

À La Réunion, la consommation des ménages et le regain des dépenses des administrations publiques constituent les principaux moteurs de la croissance économique en 2017. Le revenu disponible brut des ménages (RDBM) progresse fortement cette année encore sous l’effet d’une hausse conjuguée des salaires (+ 4 %) et des prestations sociales (+ 2,8 %). En particulier, la prime d’activité instaurée en 2016 soutient le pouvoir d’achat. L’inflation étant contenue (+ 0,4 %), cette augmentation se traduit ainsi par un gain de pouvoir d’achat total de 2,8 %. Le revenu disponible brut s’établit à 18 100 euros par habitant, soit 87 % du niveau national. 

Forte progression des dépenses touristiques

L'activité touristique progresse fortement, en phase avec la croissance du transport aérien de passagers et celle de la fréquentation des hôtels réunionnais. Avec une hausse de 9,5 % du nombre de touristes, les dépenses touristiques s’élèvent à 324 millions d’euros en 2017 et contribuent pour 0,1 point à la croissance. 

Dynamisme des investissements

L’investissement progresse de 3,2 % en volume en 2017 après + 6,1 % l’année précédente. Bien que le solde du commerce extérieur reste déficitaire, les importations pèsent moins négativement sur la croissance que les années précédentes. Mais les montants exportés ralentissent eux aussi et restent trop faibles pour contribuer de manière visible à la croissance économique.

Après un certain attentisme, les intentions d’investir s’installent au-dessus de leur moyenne de longue période. Les perspectives d’investissements des chefs d’entreprise sont favorables, à l’exception du bâtiment et des travaux publics et du secteur des Industries Agro-Alimentaires. Les importations en biens d’équipement progressent de 10,3 %, après +9,2 % en 2015 et +8,9 % en 2014. Cette évolution est en grande partie liée au chantier de la Nouvelle route du littoral qui monte en puissance, mais également à l’arrivée d’un nouveau palangrier pour la pêche à la légine. Les importations de biens intermédiaires enregistrent une hausse plus modérée (+1,8 %) et les ventes de véhicules utilitaires augmentent de 8,1 % après +5 % en 2015. Cette embellie touche également le secteur de l’immobilier avec des ventes de logements anciens qui grimpent de 14,6 % après +8 % en 2015. Cette bonne orientation se retrouve dans les encours de crédits à l’habitat des ménages qui progressent de 4,9 % en un an.

Hausses des échanges commerciaux

Les échanges extérieurs s’intensifient en 2016. Les importations grimpent de 20,7 %, gonflées par la livraison de quatre Boeing à Air Austral. Hors avions, les importations augmentent de 3,6 %, après +0,6 % en 2015 en lien avec la forte demande interne. Elles restent toujours très impactées par le cours du pétrole : en valeur, les importations de produits pétroliers baissent de 14 %. La croissance des exportations accélère, avec une hausse de 6,7 % après +3,8 % en 2015. Cette évolution provient essentiellement des exportations de produits des industries agroalimentaires, en hausse de 11,7 % par rapport à l’année précédente ; celles de légines et de sucre étant tous deux biens orientés.

Une activité bancaire dynamique sur fond de mutation

L’activité bancaire s’est de nouveau renforcée en 2016, dans un contexte de conditions financières exceptionnellement accommodantes (politique de la BCE de taux d’intérêt négatifs et d’assouplissement quantitatif) et d’un environnement conjoncturel bien orienté. Le modèle de la banque de détail continue de s’adapter aux contraintes réglementaires et prudentielles (Bâle 3, IFRS 9, conformité...) et de se transformer face à l’univers de taux bas, voire négatifs, et à l’émergence de la banque digitale. À La Réunion, le paysage bancaire se modifie avec l’arrivée de nouveaux acteurs (Compte nickel, Orange bank, assureurs, crowfunding) et la fusion entre la Caisse d'Epargne CEPAC et la Banque de la Réunion. Deux acteurs bancaires majeurs dominent désormais la place qui est également animée par un repositionnement stratégique des établissements et une volonté de diversification de leurs sources de revenus. L’activité bancaire en 2016 est restée dynamique, avec une production importante.

  •  Croissance des actifs financiers et forte préférence pour la liquidité

Les actifs financiers détenus par les agents économiques réunionnais dépassent les 13,5 milliards d’euros d’encours fin 2016, en progression de 4,3 % sur l’année, après +4,1 % en 2015. La collecte nette s’établit à +559 millions d’euros sur l’année, soit la plus forte variation depuis 2007, mais encore bien inférieure aux niveaux observés avant la crise financière (autour des 750 millions d’euros par an). La préférence des agents économiques pour la liquidité est marquée, en lien avec la faible rémunération des produits d’épargne. Les dépôts à vue progressent sensiblement : +15,1 % sur l’année (+11,7 % en 2015), avec une croissance particulièrement forte des encours des sociétés non financières (SNF) à relier aux effets du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Du côté des ménages, l’évolution globale (+2,7 % en 2016 après +3,7 % en 2015) suggère un arbitrage en faveur de la consommation. Dans cet environnement de taux bas, les dépôts à vue progressent de 8,1 % (après +7,9 % en 2015). Les plans d’épargne populaires enregistrent une décollecte (-13,7 %) de même que les produits d’OPCVM non monétaires (-3,7 %). Au sein des placements rémunérés, les plans d’épargne logement (+3,5 %) et, dans une moindre mesure, l’assurance vie (+1,2 %) tirent leur épingle du jeu.

  • Dynamisme de l’activité de crédit, tirée par les ménages

Les encours de crédits consentis à l’économie progressent de 3,0 % en 2016 après +5,1 % en 2015, année soutenue par des financements importants consentis aux entreprises et aux collectivités locales (NRL et SEM des bailleurs sociaux). En 2016, la croissance est tirée par les ménages (+5,1 % après +5,0 % en 2015), notamment les crédits à la consommation (+6,2 % après +1,4 % en 2015 et +0,5 % en 2014, qui marquait la fin de six années de contraction). Les crédits à l’habitat sont également bien orientés, en progression de plus de 4,9 %. Du côté des SNF, la croissance passe de 4,5 % en 2015 à 2,4 % en 2016, en raison d’une contraction des crédits d’exploitation (-3,2 %, en cohérence avec la hausse des dépôts à vue enregistrée) et d’une moindre croissance des encours à l’habitat (+3,0 % en 2016 après +5,0 % en 2015, notamment vers les SEM). La croissance des crédits d’investissement est solide à +4,0 %. En revanche, l’encours des crédits aux collectivités locales se contracte de 0,4 % et pèse sur la croissance globale, après une hausse de +14,6 % en 2015. L’année 2016 est de nouveau marquée par une forte progression de l’affacturage et le développement des financements partagés.

 

 

L’économie continue d’évoluer sur un rythme de croisière assez soutenu, avec des signaux d’amélioration supplémentaires en fin de période, de bon augure. Si les ingrédients au développement d’une croissance auto entretenue semblent en place, le potentiel d’accélération est encore incertain. L’attentisme lié aux élections constitue notamment un risque à court terme. Alors que les taux d’intérêt, l’inflation et le chantier de la NRL devraient devenir moins favorables, l’enjeu de 2017 et des années à venir réside donc dans la capacité de l’économie réunionnaise à déployer des moteurs de relais. À côté des moteurs traditionnels, des filières structurantes et circulaires (économie bleue, économie verte, numérique) offrent un potentiel de développement durable et participent au renouveau nécessaire du modèle économique réunionnais post départementalisation (qui a fêté ses 70 ans en 2016). Dans ce contexte, l’accompagnement bancaire et public, l’entrepreneuriat, l’innovation, mais aussi l’éducation et la formation sont autant de variables qu’il faudra coordonner pour donner un élan supplémentaire et durable, capable de répondre aux besoins structurellement élevés en créations d’emplois de l’économie réunionnaise.