le secteur de l'environnement à la RÉUNION

La Réunion est un territoire résolument engagé sur plusieurs fronts en matière environnementale, avec un focus particulier sur la thématique de la gestion des déchets en 2016. La problématique environnementale devient de plus en plus prégnante dans notre société moderne de ce début de XXIe siècle. De fait, des enjeux majeurs se dessinent autour de la notion de Développement Durable apparue il y a une trentaine d’années.

 

Une insularité couplée à des spécificités géographiques, une raréfaction du foncier disponible, une pression démographique croissante, des habitudes de consommation croissantes et de plus en plus énergivores… sont autant de facteurs qui font que La Réunion concentre à elle seule l’ensemble des problématiques environnementales auxquelles est confrontée la planète, comme le soulignait récemment le Président de la Région Réunion. C’est pour répondre à ces considérations environnementales que les collectivités se dotent d’outils qui leur permettent de déterminer les objectifs à atteindre, à plus ou moins long terme, tant en matière d’équipements que de pratiques, faisant ainsi montre de leur engagement fort dans le déploiement d’une politique en faveur du Développement Durable. L’urgence de la situation et la nécessité de gérer au mieux les conséquences environnementales de l’activité humaine impactent les activités elles-mêmes. Le Développement Durable implique en effet de nouvelles exigences aussi bien techniques que culturelles, faisant par là même évoluer les métiers associés et intensifiant les besoins de professionnalisation des acteurs. Pourtant, les contours du secteur dit de « l’environnement » sont mal connus et la visibilité de ses besoins en compétences tant immédiats qu’à venir, reste limitée. C’est sous l’impulsion de la Direction de la Formation Professionnelle de la Région Réunion, en collaboration avec les partenaires institutionnels et professionnels du secteur, que cette étude a été engagée. Son objectif est d’identifier les emplois, métiers, qualifications et les besoins en formation du secteur de l’environnement au regard de ses perspectives de développement. L’étude propose des axes stratégiques d’évolution pour les formations professionnelles afin de répondre au mieux aux besoins croissants des entreprises en personnel formé.

 

« La Réunion apparaît souvent comme un laboratoire des problèmes auxquels est confrontée notre planète » -  Paul VERGES

 

La gestion des déchets relève de la compétence unique du Conseil régional depuis la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) du 7 août 2015. Démarrée en février 2013 par le Département, la révision du Plan de prévention et de gestion des déchets non dangereux (PPGDND) a été approuvée le 23 juin 2016 par la Région. Des objectifs sont fixés en matière de réduction et de valorisation des déchets : réduction de 10 % des quantités de déchets ménagers et assimilés par habitant entre 2010 et 2020, généralisation du tri à la source des déchets organiques et des matériaux recyclables avant 2025 pour tous les producteurs (professionnels et ménages), développement des méthodes de revalorisation énergétique des déchets telles que la méthanisation. Ce plan vise également à répondre à la situation critique en termes de stockage des déchets résiduels (poubelles grises et refus des centres de tri) sachant que les deux installations de stockage et d’enfouissement de Pierrefonds et de Sainte-Suzanne sont saturées (toutefois, dans l’attente de nouvelles installations de traitement pérennes, les autorisations concernant ces deux centres, qui arrivaient à échéance, ont été prolongées). Ainsi, le PPGDND fixe des objectifs chiffrés de réduction à la source, d’augmentation du recyclage et de valorisation (stocker moins et mieux) qui conditionnent les modalités de collecte à  mettre en place et les installations de traitement à utiliser ou à créer. Il s’inscrit pleinement dans la construction et la transition vers le modèle d’économie circulaire.

 

La collecte et le traitement des déchets ménagers et assimilés sont assurés par les cinq communautés d’agglomération : CINORD, TCO, CIVIS, CASud et CIREST. Les intercommunalités du Sud et de l’Ouest (CASud, CIVIS et TCO) se sont regroupées au sein d’un syndicat mixte de traitement des déchets (ILEVA) et celles du Nord et de l’Est ont créé SYDNE en 2015 afin de mutualiser leurs compétences. En plus des 35 déchèteries, le département dispose de trois centres de tri (Sainte-Marie, Le Port et Saint-Pierre). Cette collecte se fait en porte-à-porte, en apport volontaire (déchèterie, bornes…) et par enlèvement spécifique (déchets de dépôt sauvage, véhicules hors d’usage…). Les installations existantes sont en majeure partie classées pour la protection de l’environnement et soumises à autorisation.

La production des déchets non dangereux est estimée à 1,8 million de tonnes en 2011, réparties en 0,5 million de tonnes de déchets ménagers et assimilés et 1,3 million de tonnes produites par les activités économiques hors BTP. Selon l’Observatoire réunionnais des déchets, piloté par l’AGORAH, chaque Réunionnais produit en moyenne environ 612 kg de déchets ménagers et assimilés1 (DMA) par an dont 279 kg d’ordures ménagères résiduelles, déchet prédominent parmi les DMA et correspondant au contenu non trié des poubelles, contre 288 kg au niveau national. Un tiers seulement des DMA est valorisé et le reste est mis en enfouissement. C’est surtout sur la collecte des encombrants et des déchets végétaux que des marges de progression existent au regard du niveau national. Chaque année, un Réunionnais produit 97 kg d’encombrants contre 12 kg en France. Compte tenu des conditions climatiques, la production des déchets verts s’élève à 159 kg par an et par habitant contre 18 kg au niveau national. Le PPGDND prévoit donc la création de nombreuses installations et d’actions pour atteindre les objectifs de réduction et de valorisation des déchets. Les coûts d’investissement sont estimés à près de 700 millions d’euros.

Le secteur de l'environnement en chiffres

  • En 2004, 13 400 salariés dont 10% de femmes travaillent dans le secteur de l’environnement.
  • Agés pour la plupart de 25 à 45 ans (seuls 2% ont plus de 55 ans) la relève semble assurée puisque 7% ont moins de 25 ans. 65% de ces personnes ont un niveau inférieur au CAP/BEP quelque soit le type de structure (privé, public ou associatif).
  • 1 personne sur 10 a un haut ou très haut niveau de formation (BTS ou Master).
  • Le sud et l’ouest de l’Ile concentrent 60% des salariés contre 40% pour le nord et l’est.
  • 650 entreprises privées, 480 exploitations agricoles (en démarche d’agriculture durable) et 30 associations
  • 140 missions publiques Etat, Région, Département, les 24 communes et 5 intercommunalités