Les Iles Vanille Océan Indien : la force du collectif

Si La Réunion sait défendre ses couleurs comme une grande, elle a aussi compris l’intérêt d’attaquer certains marchés en groupe. Depuis 2011, elle fait partie des Iles Vanille. Avec les autres îles de la zone, elle compte se faire un nom dans le monde des croisières et vise maintenant le marché écotouristique. C’est en 2011 qu’apparait le concept des Iles Vanille. L’association du même nom, crée un an plus tard, regroupe aujourd’hui six îles de l’Océan Indien (depuis l’éviction des Maldives en 2016) : La Réunion, Maurice, Mayotte, Madagascar, les Seychelles et les Comores. En 2017, 70 000 combines inter-îles ont été vendus. Des résultats en progression. Les Iles Vanille partent maintenant à l’abordage du secteur des croisières et veulent se faire connaitre comme destination écotouristique.

 

Le propos des Iles Vanille est de développer un produit, à savoir la création de combines inter-iles pour les touristes souhaitant venir dans l’Océan Indien, en s’appuyant sur une offre complémentaire et déjà existante. Le marché chinois et indien est tout particulièrement cibles, l’idée est d’avoir une vision du tourisme a moyen et long terme en fléchant de nouveaux marches. Les chiffres des combines inter-iles augmentent en moyenne de 10% par an. De 50 000 en 2014, nous sommes passés à 65 000 en 2016 et 70 000 en 2017 (une combine implique que le touriste se soit rendu sur au moins deux iles). Les tour-opérateurs ont pu créer des produits spécifiques grâce aux eductours. L’approche a néanmoins évolué avec la réorientation des investissements, dans un soucis d’efficacité, sur le secteur des croisières. Aujourd’hui, 80% du budget des Iles Vanille y est consacré avec une croissance très significative sur cette marche : l’objectif de 50 000 croisiéristes sera probablement atteint en 2020. Un appel d’offres est d’ailleurs en cours pour définir l’approche stratégique à adopter sur cette marche pour les 10 prochaines années.

 

Le prix du transport aérien est évidemment un frein Mais cette problématique va au-delà du tourisme et a été confiée par les gouvernements à la Commission de l’Océan Indien. Cela dit, les Iles Vanille ont participé activement au retour d’une ligne Réunion-Seychelles ou à la création de celle entre Madagascar et les Seychelles. Pour développer des produits touristiques sur le long-terme, les Iles Vanille sont dans une logique de niches. Actuellement, en partenariat avec l’UCCIOI (Union des Chambres de Commerce de l’Océan Indien) la mise en place d’une offre d’écotourisme inter-îles est en projet. En 2017 un séjour autour du golf de quatre jours à La Réunion et de quatre jours à Maurice a été créé. Le test s’est avéré concluant : le séjour sera reproduit en 2018.

 

Les touristes ne peuvent pas visiter chacune des six destinations, les relations bilatérales entre les différentes iles de l’association sont donc plus que nécessaires. Pour ce qui est de la coopération, il y a toujours des hauts et des bas. Ce n’est pas un long fleuve tranquille. Mais avec le temps, tout le monde est gagnant car les retours sont plus importants que les investissements consentis. L’objectif n’est pas de se piquer des clients, mais de faire grossir le gâteau. Aujourd’hui, et même si ce n’est pas la vocation de l’association, la coopération va au-delà de l’aspect touristique : elle peut être, par exemple, culturelle. Dans un récent discours, le ministre de l’Environnement mauricien a évoqué les Iles Vanille avec une approche globale, sans se limiter à l’aspect touristique. Auprès des tour-opérateurs, le concept des Iles Vanilles est désormais bien connu. C’est moins le cas pour le grand public. Dans le futur, le fil rouge des Iles Vanille sera le respect de l’environnement et le développement durable. Le développement économique ne doit pas se faire au détriment de ce qu’on a. Sur ce point, toutes les îles sont sur la même longueur d’ondes.