Investir dans le secteur manufacturier à l'Île Maurice

 

L'industrie manufacturière joue un rôle vital dans le développement économique de Maurice depuis les 40 dernières années. C'est l'un des secteurs les plus importants de l'économie mauricienne, représentant 11,8 % du PIB en 2017 et employant environ 98 700 personnes et comptant plus de 700 entreprises. Selon l’EDB, le secteur manufacturier (traditionnel) de Maurice est devenu un secteur à forte intensité technologique et offre des possibilités d'investissement dans les activités textiles, agro-industrielles,  de filatures, de créations de mode et de transformation des aliments.

 

Le textile à l’Île Maurice : une expérience et un savoir-faire reconnus

 

Le secteur textile est considéré comme le déclencheur de la révolution industrielle mauricienne.  Au cours des quatre dernières décennies, l'industrie textile a joué un rôle clé en stimulant la croissance économique et en attirant les IDE de divers pays. L'industrie textile locale est passée d'un système de production de base dans les années 70 à un fournisseur compétent sur toute la chaîne de valeur dans une production axée sur le design. Aujourd’hui, l’industrie textile mauricienne est capable de relever les défis d'un marché libéralisé en fournissant des solutions flexibles adaptées aux besoins et aux exigences du marché mondial.

 

Le parc d’entreprises textiles à l’Île Maurice est constitué d'une base diversifiée de fabricants capables de s’adapter facilement aux problématiques de prix, de volumes et de séries des clients manufacturiers. Certains fabricants disposent actuellement de suffisamment d'expertise pour investir dans des unités de production supplémentaires à l’étranger. Il se produit en effet une tendance de transfert des connaissances, savoir-faire et compétences vers des pays où les coûts de main-d'œuvre sont relativement faibles.

 

La productivité, l'expertise et l'adaptabilité du secteur ont contribué à positionner Maurice comme un pôle d'excellence textile en Afrique australe et orientale. Aujourd’hui, le succès de son modèle d’affaire du secteur textile d'affaires fait de l’île le référentiel principal de l’Afrique.

 

Un secteur offrant des avantages pour les entreprises étrangères

 

L'île Maurice offre un certain nombre d'avantages aux entreprises manufacturières internationales qui souhaitent implanter des unités de production locales :

  • Les entreprises disposent d’un accès préférentiel aux marchés par l'intermédiaire du COMESA, de la SADC, de l'APE, de la COI et de toutes les zones d’intégrations régionales dont fait partie Maurice ;
  • Pas de droits à l'importation sur les équipements et les matières premières, pas de droits à l'exportation ;
  • La TVA sur les matières premières est remboursable à l'exportation ;
  • Simplification des procédures de recrutement des expatriés et de la main-d'œuvre étrangère ;
  • Régime de mise sur le marché rapide permettant un remboursement de 40 % des frais de fret aérien engagés pour l'exportation de textiles et de vêtements, de fruits, de fleurs, de légumes et de poissons réfrigérés.
  • Amortissements accélérés sur machines, équipements et construction de locaux industriels dédiés à l'activité industrielle
  • L'acquisition d'un bien immobilier à des fins professionnelles par un investisseur étranger est autorisée ;
  • Exonération de l'impôt sur les sociétés
  • 8 ans d'exonération fiscale pour les entreprises qui fabriquent des produits pharmaceutiques, des dispositifs médicaux et des produits de haute technologie
  • Incitations fiscales à la recherche et au développement (R&D)
  • Amortissement accéléré de 50 % par an sur les dépenses d'investissement en R&D

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Position stratégique pour le commerce de produits manufacturés

 

La situation idéale de Maurice dans l'océan Indien et les accords commerciaux préférentiels signés avec les pays de la région en fait une plaque tournante commerciale idéale entre l'Asie et l'Afrique, mais aussi grâce aux.

 

Des initiatives commerciales spécifiques ont été mises en place pour optimiser la visibilité des produits mauriciens sur la scène internationale. La participation à des salons tels que Bijorhca (Paris) pour la bijouterie, Vita Food (Allemagne) pour l'agroalimentaire ou Micronora (Besançon) pour les dispositifs médicaux ont été choisis pour représenter le savoir-faire mauricien à l’international.

 

Aujourd’hui, Maurice développe son secteur manufacturier sur des productions à plus forte valeur ajoutée. De nombreuses opportunités existent dans les produits pharmaceutiques, les textiles techniques, les composants électroniques, automobiles, aéronautiques, produits optiques, bijoux haut de gamme, mécanique de précision et ingénierie légère. Cette stratégie s'inscrit dans le programme "Vision 2030", présenté en 2015, qui est la manifestation de la nouvelle ambition industrielle du gouvernement : mobiliser tous les acteurs du secteur autour d'une approche nationale pour positionner Maurice comme un pays industriel majeur dans des domaines et marchés clés identifiés.

 

La bijouterie à l'Île Maurice, une filière en devenir

 

La filière de la bijouterie est en train d’émerger comme un moteur croissant du secteur manufacturier à l’Île Maurice, selon l’EDB (Economic Development Board), l’exportation de bijoux s’est élevée à presque 100 millions d’euros en 2017. Elle dispose de compétences solides, de méthodes de production modernes et d’une productivité élevée, ce qui permet aux bijoux mauriciens de se faire une place sur le marché européen notamment. L’EDB a sollicité l’aide de la consultante Géraldine Valluet, spécialiste des tendances du luxe et de la bijouterie, pour donner la marche à suivre pour le développement de ce secteur. Reconnaissant un savoir-faire mauricien qui combine des techniques manuelles, traditionnelles et de hautes technologies, Géraldine Valluet encourage les acteurs à approfondir leurs compétences et savoir-faire pour être prêt à se présenter sur le marché international.

 

 

Il reste encore des défis pour cette filière. Ravi Jetshan, directeur artistique du bijoutier Ravior, insiste sur la nécessité de mettre en place une stratégie nationale : la filière pourrait émerger « si tous les aspects du métier (formation, compétences, ligne directrice) sont revus même si cela ne sera pas une tâche aisée ». Selon lui, il faut aussi valoriser les créations locales et s’adapter aux nouvelles techniques de distributions par le biais du e-commerce (Ravior a lancé sa plateforme) et Bella Bijoux propose à ses clients une modélisation 3D de leurs bijoux, avant qu’ils soient produits.