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Le DG de l’AFD Rémy Rioux parle…

Le nouveau directeur général de l’Agence française de développement (AFD) Rémy Rioux fixe les priorités : grandir afin d’être plus efficace et nouer davantage de partenariats. Selon lui, l’Afrique doit capitaliser sur ses atouts retrouvés avec cet instrument au service de l’intérêt commun. 

 

Source African Business Le magasine de l'Afrique Entretiens avec Hichem Ben Yaïche

Vous vous êtes longuement préparé pour cette mission. Quels sont les changements que vous souhaitez voir engagés après votre arrivée à la tête de l’AFD ? J’ai pour ambition, et comme projet pour les prochaines années, de faire prendre conscience à nos concitoyens de l’ampleur des changements, du dynamisme – et des risques, aussi, bien sûr – que connaît l’Afrique. Il faut tenir un discours de vérité, un discours équilibré, et financer beaucoup plus de projets dans les pays africains. L’Afrique et le développement sont un fil rouge de ma carrière. J’ai alterné des fonctions domestiques, en France, avec des fonctions internationales, en particulier vers l’Afrique. J’ai travaillé à la promotion du droit Ohada, essentiel pour accompagner l’émergence formidable des entrepreneurs africains. J’ai aussi longtemps travaillé au Trésor sur des dossiers africains et sur la politique de développement. Au Quai d’Orsay, auprès de Laurent Fabius, nous avons travaillé sur la diplomatie économique et sur le financement de la lutte contre le réchauffement climatique pour réussir la COP21. Et même lorsque j’occupais des fonctions en France, dès que je pouvais, je « faisais de l’Afrique » ! Mais, dans l’immédiat, quelle marque voulez-vous imprimer à l’institution ? Je veux que l’AFD devienne plus grande. Le gouvernement nous soutient et prépare des lois de Finances très positives pour l’aide au développement. Nous allons renforcer les capacités financières de l’Agence, en doublant ses fonds propres de base d’ici à la fin de cette année. Les moyens budgétaires qui nous sont confiés vont également augmenter de manière significative dès l’année prochaine. Nous sommes en train de recruter plus de 300 personnes pour disposer de plus de compétences encore, en plus des 2 000 salariés qu’emploie déjà l’AFD. Nous sommes en mouvement. J’ajoute que, pour moi, l’Afrique est un tout. La communauté internationale doit entendre l’Union africaine, la BAD, les États, et prendre en considération le très fort rapprochement entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Et adapter enfin nos organisations et nos interventions à ce périmètre. Le deuxième changement, c’est une agence beaucoup plus partenariale, beaucoup plus ouverte, qui va chercher très en amont tous ceux qui peuvent développer des projets en Afrique : la société civile, les entreprises, les collectivités locales, les instituts de recherche, etc. Nous avons besoin de tous pour prendre des risques et pour innover. Y a-t-il aujourd’hui davantage de cohérence dans l’approche, plus de lisibilité et de transparence ? Nous sommes en train de définir un nouveau projet, mais nous partons d’une base solide. L’AFD est très connue, très respectée. Je l’ai déjà constaté dans plusieurs pays africains. À chacun de mes déplacements, j’entends cette considération que nos interlocuteurs africains portent à l’action de terrain de nos collaborateurs. Qu’est-ce qu’on attend d’elle ? On attend d’elle qu’elle contribue à la lutte contre la pauvreté et accompagne les politiques de croissance définies par les gouvernements. On attend aussi d’elle qu’elle donne accès aux ressources de notre pays et qu’elle mobilise l’ensemble des acteurs en France. Pour y parvenir, elle doit être plus connue qu’elle ne l’est aujourd’hui. Elle deviendra alors ce trait d’union, dans l’esprit du rapport préparé en 2013 par Hubert Védrine, Lionel Zinsou, Hakim el-Karoui, Tidjane Thiam et Jean-Michel Severino, qui a étudié l’ensemble des échanges économiques, humains, culturels et financiers, dans les deux sens : de la France et l’Europe vers l’Afrique, mais aussi dans l’autre sens. Avec la volonté de les activer. Car il se passe énormément de choses en Afrique qui nous intéressent. Rémy RiouxRémy Rioux de L’AFDPreviousNext12PreviousNext12 Pourtant, beaucoup s’interrogent sur l’efficacité de l’Aide au développement. Que leur répondez-vous ? Que nous tenons nos évaluations à la disposition de tous, en toute transparence ! L’impact de nos projets est régulièrement évalué. Il reste beaucoup à faire mais nous sommes très fiers de ce que nous faisons : les millions de personnes raccordées ces dernières années aux réseaux électriques, les centaines de milliers d’enfants scolarisés, etc. Et nous allons faire plus en contribuant à faire émerger beaucoup plus de projets susceptibles d’être financés par les institutions financières, publiques et privées. Nous devons construire un système où se rencontrent davantage de projets, davantage d’investisseurs qui prennent des risques, et surtout davantage de moyens pour les financer. Nous sommes résolument engagés dans ce chemin. Quels sont les délais entre l’octroi des prêts et leur décaissement ? C’est ce qui conditionne, entre autres, l’efficacité de l’outil… Nous ne soutenons pas nos partenaires que par des prêts, même s’ils sont notre instrument prioritaire. Nous apportons aussi des dons, dans les secteurs sociaux, par exemple, ou dans les pays en crise, ou lorsqu’il n’est plus possible d’endetter l’État. Nous apportons aussi des fonds propres et développons des garanties de façon innovante. Plus de la moitié de notre activité passe par d’autres acteurs que les États : les entreprises, les collectivités locales, la société civile, etc. Autant d’acteurs qui doivent à l’avenir prendre une part beaucoup plus grande dans le financement des économies africaines. Bien sûr, les projets de développement sont souvent complexes et mettent plusieurs années pour se mettre en oeuvre et nécessitent être décaissés. Il faut toujours s’améliorer pour être plus efficace, et aller plus vite. Et apporter aussi les appuis nécessaires à nos partenaires pour y parvenir. 

Certains projets n’aboutissent pas. Quel est le niveau de déperdition ? Il est variable selon nos régions d’intervention. En Afrique, il n’est pas très élevé. Nos projets y sont soigneusement préparés et vont le plus souvent à leur terme compte tenu de l’importance des besoins. C’est plus difficile en Asie où le taux de déperdition – c’est-à-dire de projets qui doivent in fine être annulés – est plus important parce qu’il y a davantage de financements et de projets en concurrence. L’identification de l’acteur sur le terrain est-elle toujours une « usine à gaz » entre les compétences, les pouvoirs divers et les autorités de tutelle, ou la situation s’améliore-t-elle, de ce point de vue ? Je ne le crois pas et je ne constate pas de problème majeur sur le terrain. L’AFD est l’opérateur de l’Aide au développement de la France. L’année dernière, nous avons reçu le transfert de la compétence de gouvernance. Cette étape est extrêmement importante, parce qu’elle va nous permettre d’enrichir l’ensemble de nos interventions financières de plus d’intelligence et de capacités, par des appuis techniques, du conseil, et de l’assistance technique. Nous mettons en oeuvre les priorités et les projets soutenus par notre pays. Notre conseil d’administration est composé de représentants du ministère des Affaires étrangères, du ministère des Finances, du ministère de l’Outre-mer, du ministère de l’Intérieur et bénéficie de la compétence de personnalités qualifiées. Notre mission, c’est de répondre à la demande de nos partenaires du Sud et de mettre en œuvre les orientations du gouvernement français, c’est-à-dire de transformer les ambitions politiques en projets. C’est aussi simple que cela. Par rapport aux besoins de l’Afrique, dans quelle orientation prioritaire faut-il s’engager ? Lutter contre la pauvreté, encore et toujours, évidemment, en particulier dans les zones en crise. Mais nous voulons aussi accompagner les classes moyennes africaines, qui se renforcent partout et forment le socle démographique et économique d’une croissance endogène puissante et durable. J’ajoute que, pour moi, l’Afrique est un tout. La communauté internationale doit entendre l’Union africaine, la BAD, les États, et prendre en considération le très fort rapprochement entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Et adapter enfin nos organisations et nos interventions à ce périmètre. Et puis, on entend dire partout que l’Afrique se serait déjà réendettée de manière dangereuse. Cette vision est partielle. Il faut évidemment ne pas retomber dans une crise de la dette souveraine. Mais le secteur privé et les autres acteurs africains sont dramatiquement sous-endettés et sous-financés. Et cela représente aussi un risque ! C’est pourquoi nous devons réfléchir aux actions à conduire pour passer progressivement du financement souverain aux financements non-souverains. En identifiant, en appuyant et en finançant plus d’emprunteurs non souverains susceptibles de contribuer au développement économique de leurs pays. 

Plus concrètement ? En 2015, nous avons pris des engagements très forts, notamment le 1er décembre à Paris, lors du sommet des chefs d’État africains. Au premier chef, celui de financer 2 milliards d’euros pour délivrer 10 gigawatts d’énergies renouvelables supplémentaires en Afrique d’ici à 2020. Pour y parvenir, il faut que des projets sortent, que des entreprises les exploitent et que des financements se structurent. Et j’ai bon espoir que nous dépassions ici nos objectifs car il se passe beaucoup de choses sur le terrain. Quant à notre filiale Proparco, spécialisée dans le financement des entrepreneurs, en Afrique en particulier, son activité va également croître significativement dans les prochaines années. Dans quelle mesure les crises, les guerres, et les conflits influent-ils sur l’Aide au développement ? Il n’est pas de développement sans sécurité, et pas de sécurité durable sans développement. Historiquement, les deux mondes ont connu des chemins séparés, mais une évolution est engagée, à la suite notamment d’un rapport très important de la Banque mondiale en 2011 sur la situation des pays en crise, qui soulignait le manque d’efficacité des interventions mal coordonnées ou trop tardives. C’est un sujet qui me tient à coeur et sur lequel nous pouvons avoir des succès. Je me souviens que l’AFD a consenti un prêt de 350 millions d’euros à la Côte d’Ivoire dès la sortie de la crise de 2010. Ce financement a permis au pays de repartir sur de bonnes bases et nous voyons, cinq ans après, les résultats obtenus. En réamorçant très rapidement la pompe, nous avons contribué à assurer la stabilité politique et le développement économique de la Côte d’Ivoire ! Comment se passe la concertation avec les autres bailleurs de fonds, comme la Banque mondiale ou la BAD, pour converger vers des objectifs communs ? Nous avons pour objectif de conclure des projets ensemble, de mobiliser nos forces en commun. Concrètement, sur le terrain, nos équipes sont en contact et nos agents se parlent. 40 % des financements de l’AFD sont des cofinancements avec un autre bailleur de fonds. Et cette proportion augmente. Nous ne sommes pas toujours le chef de file. Quand le projet vient d’un autre, nous apportons une partie du financement et nous nous adaptons à ses procédures. Dans d’autre cas, c’est nous qui avons le lead et qui emmenons tout le monde. Nous avons aussi beaucoup de projets en partenariat public-privé, par exemple autoroutiers au Sénégal, dans lesquels nous avons eu le premier rôle ; ils sont aujourd’hui reconnus par l’ensemble des bailleurs de fonds comme des cas exemplaires de PPP, en Afrique subsaharienne. La Banque mondiale est un de nos premiers partenaires. Nous travaillons aussi avec nos collègues allemands. Et l’Union européenne met actuellement en place un système extrêmement efficace qui fait le lien entre les différentes institutions d’Aide au développement et la Commission européenne qui apporte les ressources. On entend beaucoup de débats aujourd’hui sur la question des monnaies. Considérez-vous que le franc CFA freine le développement de l’Afrique ? Sur moyenne et longue période, personne n’a pu démontrer de différences dans le rythme de croissance entre les pays africains de la zone Franc et les autres. Le développement économique dépend de plusieurs facteurs et la politique monétaire n’est que l’un d’entre eux. Souvenez-vous des dix années de crise politique que la Côte d’Ivoire a connues. Elles ont eu un effet sur la croissance dans toute la zone Uemoa. Et cela n’a rien à voir avec le franc CFA ! Les CFA, ce sont les monnaies de nos partenaires africains, des huit pays d’Afrique de l’Ouest, et des six pays d’Afrique centrale. Je n’oublie pas non plus l’Union des Comores. Le coeur de ce système, c’est que si les réserves de change viennent à manquer du côté des trois Banques centrales concernées, la France apportera des ressources en devises. 

Pourtant, tant de fantasmes circulent. On dit que l’argent des Africains est déposé à la Banque de France… On entend beaucoup de discours, et la situation risque de devenir explosive… Je ne parlerai que des aspects techniques de la zone Franc, que je connais bien puisque j’ai eu à les suivre à la direction du Trésor. Ce sont des mécanismes simples, qui constituent avant tout une forme de garantie et de soutien à la stabilité monétaire. Avec comme résultat une inflation contenue, ce qui est quand même très important pour les plus pauvres et pour ceux qui entreprennent. Les autres points que vous évoquez me semblent un peu secondaires. D’autant que ces accords ont évolué dans le temps. Prenez la centralisation au Trésor français des réserves de change, je me souviens que j’ai négocié en 2004 son passage à 50 % alors qu’on était à 100 % initialement. Enfin, la parité, la politique monétaire elle-même relève de la décision des ministres africains et des institutions de la zone Franc, en particulier des trois Banques centrales. N’oublions pas non plus que l’Uemoa et la Cemac sont les plus vieilles unions monétaires du monde et qu’elles constituent un élément d’intégration régionale et de solidarité entre ses membres, extrêmement puissant. Comme toujours avec la monnaie, on n’en prend conscience que quand on est en période de crise : la solidarité des voisins de la Côte d’Ivoire a eu un rôle majeur dans la sortie de crise. A-t-on chiffré les effets pervers – ou pas – de cette zone ? Des analyses sont publiées tous les ans par le FMI sur le niveau de la parité. Est-ce que ce niveau est bien ajusté ou pas en fonction des économies ? Je crois qu’il n’y a pas aujourd’hui d’inquiétude particulière sur ce point. Après, comme pour tout régime de change, on trouvera des éléments moins positifs. Leur appréciation globale relève d’une décision politique. Mais la stabilité et la parité du franc CFA ont, en tout cas, une influence positive sur le coût des importations et le faible taux d’inflation. Vous semblez, après quelques mois, avoir pris vos marques… Cela vient-il de la bonne connaissance que vous avez des questions liées au développement et à l’Afrique ? Je connais l’AFD depuis près de 20 ans ! Depuis mon stage de l’ENA au Bénin ! Et je l’ai suivie au ministère des Finances puis au ministère des Affaires étrangères. J’ai été l’un de ses administrateurs jadis. C’est une maison que j’aime et je suis très heureux et honoré que le président de la République et le gouvernement m’en aient confié la direction générale. Nous avons du vent dans les voiles et un beau projet à bâtir. L’AFD doit passer de 8 milliards d’euros de financements par an à 12 milliards d’euros en 2020. Le défi est important pour nous, il mobilise fortement tous nos collaborateurs et attire l’attention de nos partenaires. Chaque dirigeant d’une institution a son tropisme personnel : quelles seront les priorités des années Rioux à la tête de l’AFD ? Outre l’augmentation du volume de nos interventions, l’un des axes important du projet que nous allons bâtir, sera de tourner cette agence également vers la France. Nous intervenons dans 90 territoires dans le monde entier et nous y sommes appréciés. Mais nous sommes trop peu connus en France, à la belle exception des outremers qui nous apportent beaucoup. Nous avons besoin d’être plus ancrés dans notre propre pays et de mieux mobiliser les acteurs français, au service du développement. Bien sûr, nous continuerons de travailler avec la Banque mondiale et avec tous nos partenaires internationaux. Mais parler à nos concitoyens, leur faire partager notre connaissance et notre richesse d’expérience sur l’Afrique, les mobiliser, c’est notre mission aussi. Être une fenêtre sur le monde, en somme, avec toute notre diversité : nombre de nos collaborateurs sont africains ; l’Agence regroupe 80 nationalités et parle 100 langues ! C’est aussi la raison pour laquelle j’ai oeuvré au rapprochement de l’AFD et de la Caisse des dépôts et consignations, qui est un peu notre grande soeur, la banque de développement de la France. En décembre, nous signerons une convention avec la Caisse des dépôts pour aligner nos stratégies, rapprocher nos réseaux, et bâtir des plans d’actions sur un le climat, le logement, les infrastructures, l’économie sociale et solidaire, etc. Nous avons énormément de choses à faire ensemble et la CDC va nous apporter son expérience irremplaçable et l’appui de son puissant réseau en métropole. On a parfois le sentiment que la France se désengage de l’Afrique, et qu’elle y perd des parts de marché. Est-ce une fausse perception ? Depuis une quinzaine d’années, l’Afrique connaît une croissance forte. Il est donc normal que beaucoup s’y intéressent et y investissent. La France, et l’AFD en son nom, ont néanmoins un atout : nous avons toujours été là. Beaucoup de mes interlocuteurs me le disent. Et pas seulement en Afrique francophone. Au Mozambique, on apprécie aussi la France et l’AFD, parce que, beau ou mauvais temps, dans des périodes difficiles, nous avons toujours été là. Non, je ne crois pas que la France ait disparu d’Afrique. En revanche, il est exact que les Français doivent être plus dynamiques, plus actifs pour répondre aux fortes attentes qui s’adressent à nous. C’est le projet que nous portons à l’AFD : nous aimons l’Afrique, y bâtir des projets et y amener des acteurs nouveaux. Partout, on sent cette ambition : à chaque fois que vous organisez aujourd’hui à Paris un événement sur l’Afrique, il y a un monde fou ! Nous l’avons vu récemment au CESE (Conseil économique, social et environnemental), lors d’Africa 2016. Tout notre travail vise à transformer ces ambitions, ces intentions, en actions concrètes. 

Jugez-vous que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la mondialisation ? Nous sortons progressivement, espérons-le, d’une grande crise internationale, la plus forte depuis les années 1930. Elle a créé de très fortes tensions dans beaucoup d’économies. Nous ne sommes plus dans l’urgence, et nous sommes repartis sur des taux de croissance positifs, y compris en France. Il faut maintenant accélérer et financer les investissements indispensables partout dans le monde, pour une croissance plus forte. C’est ce que demande notamment le G20. Cette crise a démontré toute l’importance et tout le poids des nouvelles économies émergentes – et bien sûr aussi, le poids de l’Afrique – dans nos propres équilibres économiques. Le rapport que je citais, supervisé par Lionel Zinsou et Hubert Védrine, avait évalué ce que représente l’Afrique pour l’économie française. C’est aujourd’hui de l’ordre de 100 000 emplois. Et ce chiffre, déjà important, va augmenter : selon certaines estimations, dans quelques années, le PIB de l’Afrique rejoindra celui de l’Union européenne. Nous aurons à côté de nous l’équivalent de l’UE, avec un dynamisme démographique et économique beaucoup plus grand. C’est une donnée qui n’existait pas il y a dix ans. Aujourd’hui, tout le monde a compris que notre propre croissance, nos emplois, vont être créés, pour une part significative, avec l’Afrique. La croissance de l’Afrique et celles de l’Europe et de la France sont indissociables. L’AFD est un instrument au service de notre intérêt commun.