Axe 8 - Compenser les surcoûts liés à l'ultra-périphérie

La Réunion partage avec les autres RUP des caractéristiques spécifiques définies à l'article 349 du TFUE (très grand éloignement du continent européen, étroitesse du marché local, vulnérabilité aux risques,...). Ces contraintes nécessitent des soutiens particuliers dans les domaines économique, de la gestion des risques et des transports.

Soutenir le développement des entreprises

Les entreprises souffrent de la permanence et de la combinaison de handicaps structurels : le marché intérieur et la position en ultrapériphérie de l’économie européenne limitent les débouchés. En 2011, la moitié de la production de l'île a été commercialisée dans les pays de l'Union Européenne. Toutefois, la compétitivité des ces produits est entravée par des frais d'acheminement élevée. Par ailleurs, l'éloignement des sources d'approvisionnement en intrants productifs entraîne des surcoûts pour les entreprises. De plus, du fait de l'exigüité du territoire, le foncier économique constitue un facteur deproduction limité. Les 70 zones d’activité économiques de l’île couvrent, en 2011, 974 hectares (soit une progression de 76 hectares depuis 2004), mais la raréfaction de l’offre foncière et le surcoût de construction entrainent des coûts élevés pour l’immobilier d’entreprise,

 

Pour faire face à ces contraintes, le FEDER, à travers l'allocation RUP, soutiendra :

  • la compensation des surcoûts liés à l'éloignements pour l'acheminement du fret (intrants productifs et extrants)
  • le développement de zones d’activité économique, structurées autours de pôles d’intérêts régionaux, micro- régionaux et locaux, au sein de stratégies urbaines intégrées.

Renforcer la résilience du territoire face au risque d'inondation

Avec tous les records mondiaux de précipitation sur les périodes de 3h à 12 jours, associés à la topographie particulière de l’île, le risque d’inondation connaît une ampleur à La Réunion.

 

Ces contraintes naturelles imposent des investissements afin de prévenir les risques pour les populations. En effet, les conséquences sont nombreuses, tant directes (dommages corporels, submersion) qu’indirectes (coupures des accès, pertes d’exploitation,…) et nécessitent une approche détaillée pour chaque territoire. Des zones prioritaires ont ainsi été identifiés dans le plan de gestion du risque inondation de l’île (PGRI). Au cours de la programmation 2007-2013, les actions ont été déclinées pour cinq bassins versants prioritaires (Rivière Saint-Denis, Rivière des Marsouins, Rivière des Remparts, Saline-Ermitage, Rivière des Pluies) à travers des programmes d’action de prévention des inondations (PAPI). Deux PAPI ont été mis en oeuvre au cours de la période 2007-2013, les autres feront l’objet de travaux dans le cadre du présent programme, afin de protéger les zones habitées les plus vulnérables de l’île.

 

Le soutien du FEDER, à travers l'allocation RUP, portera donc sur la prévention du risque d’inondation, avec la poursuite de la mise en oeuvre des PAPI dans les territoires prioritaires.

Faire évoluer les infrastructures portuaires et aéroportuaires

Avec un trafic annuel de 4,2 millions de tonnes, le Grand Port Maritime de La Réunion est le premier port d’outremer français. Le port est un vecteur logistique et économique majeur pour une RUP : la quasi-totalité des matières premières, des produits énergétiques, des biens industriels et de consommations transitent par ses installations.

La croissance moyenne du trafic total (de l’ordre de 3,5% par an) et du trafic conteneurs (de l’ordre de 4,1% par an, 214 000 EVP) ainsi que l’évolution des flottes nécessitent une modernisation et une adaptation régulière des infrastructures : après les travaux d’extension du port est, de nouveaux travaux sont nécessaires pour accueillir des navires de taille plus importante, anticiper la saturation des installations existantes et créer des espaces de stockage pour une gestion optimisée des flux. La stratégie du Grand Port Maritime d'amplifier le trafic de transbordement est un vecteur de développement complémentaire pour l'île: les acteurs économiques pourront, avec la mise en place d'une filière logistique intégrée dans la zone arrière portuaire, créer de la valeur ajoutée et de l'emploi. Un flux supplémentaire de 180 000 EVP est prévu en 2020, soit une création potentielle de 1000 emplois directs, indirects et induits (ratio de 6000 emplois pour un million d’EVP).

 

Les liens physiques de La Réunion au reste du monde se matérialisent au niveau humain, exclusivement par les connexions aériennes. Les aéroports sont des infrastructures stratégiques indispensables à son désenclavement et à son développement économique.

Cette situation constitue une des caractéristiques intrinsèques d'une RUP qui, sur ce plan, diffère des autres régions continentales européennes. Réduire le déficit d'accessibilité de l'île constitue un axe central de la stratégie européenne en faveur de l'ultrapériphérie tel qu'adopté par le Collège des Commissaires à plusieurs reprises [cf. COM(2004) 343 final du 26 mai 2004 réaffirmée par COM(2012) 287 final du 20 juin 2012] ainsi que par le rapport Solbes (octobre 2011).

 

Au nord, l’aéroport international Roland Garros, concédé à la société aéroportuaire « SA Aéroport de la Réunion Roland Garros », a connu une croissance du trafic passagers et doit absorber des effets de pointe liés à la typologie particulière du trafic (arrivée des avions long-courriers le matin et départ le soir – une fréquence inhérente aux droits de trafic aérien). Les installations présentent aujourd’hui des points de saturation réguliers liés à l’évolution du trafic et des équipements dont l’adaptation et le renouvellement restent nécessaires pour fournir un service d'intérêt général régulier et fiable aux citoyens et contribuer à la compétitivité et à l'attractivité de La Réunion. Les services offerts sont indispensables pour la vie quotidienne des citoyens et des entreprises et jouent un rôle majeur dans la garantie de la cohésion sociale, économique et territoriale. Aujourd'hui, la qualité des services ne répond plus aux attentes des usagers, dont la clientèle touristique internationale et la saturation des installations à moyen terme est incompatible avec la nature de porte d'entrée et de sortie de l'île pour les liaisons intercontinentales. De plus, les infrastructures de pistes, les aires de manoeuvre et de stationnement des aéronefs nécessitent des travaux importants pour améliorer la desserte, la sécurité et tendre vers des normes environnementales de qualité. Les grandes orientations et phases de ce programme de développement et de mise aux normes ont été définies dans un nouveau plan de composition générale (PCG) à l’horizon 2025.

 

Au sud, le développement d’un pôle économique et logistique à vocation régionale et internationale de la zone aéroportuaire d'activités de Pierrefonds présente des opportunités stratégiques de développement économique, entre Pierrefonds, la ville de Saint-Pierre et toute la zone Sud et contribue à améliorer la compétitivité de toute la zone sud autour d’un ensemble cohérent de services aux entreprises. Au sein de la zone aéroportuaire d’activités de Pierrefonds, en cohérence avec le projet d’aménagement de la ZAC de Pierrefonds, le développement d’une plateforme multimodale et d’exportation (port sec, plateforme export) nécessite des investissements particuliers. Ces investissements accompagnés par l'ouverture de nouvelles lignes aériennes régionales concourront à accroître les services offerts aux entreprises et à réduire les déplacements locaux et globalement, contribuant ainsi à plus de croissance et plus d'emplois dans une RUP particulièrement isolée.

 

Le FEDER, à travers l'allocation RUP, soutiendra l’amélioration des infrastructures aéroportuaires et portuaires ainsi que la plateforme multimodale. Ce soutien permettra d’une part de renforcer le rôle potentiel de hub de La Réunion et d’autre part, de maintenir son haut niveau de compétitivité dans la zone océan Indien tout en répondant à l’évolution des exigences environnementales et de sécurité aérienne.

Contribution à la Stratégie UE 2020

En réponse aux différentes contraintes liées à l'ultrapériphérie, cet axe mobilise les OT 3, 5 et 7, dans un effort de concentration des interventions. Il s'inscrit ainsi dans les objectifs de croissance durable, intelligente et inclusive de l'UE 2020.

 

Il est cohérent avec le position paper, qui considère comme nécessaire le maintien de mesures destinées à favoriser la circulation et l’accessibilité des RUP aux biens et aux personnes et identifie la gestion des risques comme une priorité de ces régions. Il s’inscrit également dans les objectifs de réduction du déficit d’accessibilité interne et externe et d'amélioration de la compétitivité des entreprises. identifié dans le plan d’action des RUP.