Axe 7- Répondre à la dynamique démographique en augmentant les services à la population

La démographie réunionnaise se caractérise par la jeunesse de sa population (un tiers de la population a moins de 20 ans), combinée à l’augmentation des personnes âgées (les plus de 60 ans ont triplé depuis le début des années 80, pour atteindre 11,3% de la population). Cette évolution de la population et la situation des personnes les plus fragilisées, génèrent des besoins nouveaux et des mises à niveau en matière d’infrastructures et d’accompagnement tant dans les domaines éducatifs que de services aux populations.

Augmenter les capacités d’accueil des infrastructures d’éducation et de formation

A la rentrée 2013, 238 780 élèves de la maternelle à l’université ont été accueillis dans le système éducatif, soit 28,5% de la population totale. Les efforts réalisés en matière d’infrastructures d’éducation ont largement contribué à améliorer le niveau de formation de la population. Toutefois, la dynamique démographique particulière de l’île nécessite la poursuite de l’augmentation des capacités d’accueil des élèves, notamment dans le second degré. En effet, ces établissements ont accueilli, à la rentrée 2013, 100 800 élèves, soit 0,5% de plus que l’année précédente et sont confrontés à une surpopulation des classes et à des effectifs nettement supérieurs à la moyenne nationale.

 

Les collèges accueillent ainsi en moyenne 732 élèves par établissement, soit 258 élèves de plus qu’au niveau national. L’évolution démographique entrainera une augmentation de l’effectif des collégiens de 2500 élèves supplémentaires en 2023. Les besoins en nouveaux établissements sont ainsi estimés à huit à cet horizon, alors que les établissements existants nécessitent d’importants travaux de réhabilitation (60 collèges construits depuis plus de 20 ans sur les 77 établissements publics de l’île).

 

Les lycées publics, au nombre de 44, accueillent à la rentrée 2013, 37 160 élèves, soit un taux d’occupation de 96%. Le schéma directeur des lycées, s’appuyant sur les données de l’INSEE et de l’académie, prévoit à l’horizon 2023 une progression d’effectif de 2 500 lycéens. Ces besoins nécessiteront la construction de nouveaux établissements et l’adaptation de l'existant.

 

En ce qui concerne la formation professionnelle et l’apprentissage, le taux d’équipement en infrastructures de formation reste également insuffisant, notamment pour les centres de formation d’apprentis (1,8 établissement/100 000 habitants, contre 2,7 au niveau national). Par ailleurs, certains centres de formation sont anciens et nécessitent d'être réhabilités et mis aux normes, afin d’améliorer les conditions d’accueil et de formation.

 

Enfin l’enseignement supérieur, qui comptabilise à la rentrée 2013-2014 un effectif de 18 300 étudiants (dont les trois quarts à l’université), a été en constante évolution depuis 2001 avec une diversification et une élévation de l’offre de formation. Avec une augmentation de 2000 étudiants à l’horizon 2023, les besoins concernent à la fois les infrastructures d’enseignement et l’hébergement des étudiants.

 

Une priorité PO est donc de maintenir la dynamique de rattrapage des niveaux de formation et de qualification des jeunes réunionnais, en poursuivant les investissements dans les infrastructures d’éducation et de formation professionnelle et supérieure, en complément des actions du FSE en matière d’éducation et de formation.

Augmenter la capacité et la qualité d’accueil en établissements spécialisés

Particulièrement touchés par la pauvreté monétaire (40% des plus de 65 ans sont pauvres), les séniors de La Réunion connaissent une entrée précoce en dépendance : dès 50-59 ans, les taux de prévalence des incapacités sur l’île sont comparables à ceux des personnes âgées de 70 à 79 ans au niveau national, avec un taux élevé de personnes âgées en situation de handicap. Les capacités d’accueil des établissements d’hébergements des personnes âgées dépendantes (EHPAD) sont de 1289 places en 2014. Si le maintien en milieu ordinaire reste le choix de la majorité des personnes dépendantes (96% des personnes vivent à domicile), il est nécessaire de développer des modes de prises en charge diversifiés et de qualité quand ce maintien en milieu ordinaire n’est plus possible et pour accompagner l’évolution démographique.

 

L’enquête de la Maison Départementale des Personnes Handicapées, en 2013, dénombre 37 942 personnes handicapées (4,5% de la population). L’offre d'accueil institutionnel proposée à ce jour est insuffisante au regard de la population porteuse de handicap.

 

En réponse à ces besoins et en accord avec le schéma départemental d’organisation sociale et médico-social (SDOSMS), l’axe 7 contribuera à l’amélioration de la prise en charge des personnes âgées et handicapées, en augmentant les capacités d’accueil en établissement, y compris par leur restructuration.

Améliorer l’offre de services dans les communautés urbaines défavorisées et des Hauts

Ces trente dernières années, la population réunionnaise a augmenté de 313 000 habitants, soit en moyenne 10 800 habitants supplémentaires par an. Ce fort dynamisme démographique entraîne une expansion constante des surfaces urbanisées de l’île.

 

Les espaces urbains couvrent ainsi 12% de la surface de l’île et accueillent 89% de la population.

 

Ces espaces sont hétérogènes : les zones denses comptent pour 22%, tandis que les zones étalées (principalement de l'habitat individuel peu dense) représentent 56 % de la tâche urbaine. Avec une augmentation de 2,3 % par an (soit 525 ha), l'étalement urbain est un phénomène bien, notamment dans les communes rurales. Sa maîtrise constitue un défi majeur pour l'île et repose sur une densification accrue des villes. Celle-ci est bien engagée, notamment dans les pôles principaux (Saint-Denis, Saint-Pierre, Saint-André, Saint-Louis et Saint-Paul ont ainsi connu une progression de leur zone dense supérieure à 100 ha en l'espace de 6 ans).

 

Le SAR appelle ainsi à densifier les zones d’agglomérations existantes et à structurer les bourgs à travers une armature urbaine hiérarchisée et renouvelée. Le développement de cette armature équilibrée doit conforter la structuration du territoire en quatre bassins de vie :

  • un bassin de vie Nord autour du chef-lieu
  • un bassin de vie Sud représentant 40 % du territoire autour de Saint-Pierre
  • un bassin de vie Ouest à dominante économique et touristique
  • un bassin de vie Est moins peuplé mais marqué par un essor démographique important à anticiper.

 

Ces bassins de vie regroupent à la fois les communes du littoral, les mi-pentes, les Hauts. Ils doivent constituer des entités cohérentes dans le domaine de l’emploi, de l’habitat et des services, et assurer une mixité fonctionnelle pour répondre aux différents besoins de la population et limiter les besoins de déplacements.

 

Les actions du PO contribueront à densifier les villes, en mettant l’accent sur le lien social et la qualité éco-urbaine dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville ainsi que dans les bourgs et villes- relais des Hauts. Il s’agira ainsi de requalifier et d’aménager les espaces publics et d’équiper ces territoires afin d’améliorer l’offre de services et la qualité de vie.

Contribution à la Stratégie UE 2020

L’axe 7 contribue à l’objectif de croissance inclusive par l’augmentation des capacités d’accueil des infrastructures d’éducation et de formation ainsi que des établissements pour personnes âgées et handicapées. Les actions viseront également l’amélioration des services dans les communautés urbaines défavorisées des Hauts.

 

Le position paper identifie l’amélioration des prestations offertes par les structures éducatives et sociales des RUP comme une priorité.