Axe 4 - Progresser vers la transition énergétique et l’autonomie électrique

Augmenter la production d’énergie à partir de sources renouvelables

La Réunion fait partie des régions françaises les plus avancées en termes d’énergies renouvelables : en 2013, celles-ci assurent 13,8% de la production d’énergie primaire (1 408,7 ktep) et 34,6 % de sa production électrique. Les ressources de production locales valorisées sont de l’ordre de 178,9 ktep et se répartissent comme suit : bagasse (58,7%), hydraulique (20,8 %), solaire thermique (10,3%), photovoltaïque (7,35%) puis biogaz, huiles usagées et éolien (moins de 3%).

 

L’île affiche un potentiel énergétique naturel local important et reconnu avec l’émergence de projets innovants et expérimentaux dans ce domaine. Le potentiel de développement des énergies renouvelables est identifié dans le schéma régional climat air énergie (SRCAE), validé en décembre 2013.

 

Le prix d’achat de l’électricité produite constitue l’élément financier le plus influent pour le développement du photovoltaïque et de l’hydro-électricité. Ces énergies, rentables sans subventions publiques, n’ont donc pas été retenues dans le cadre du programme.

 

Energie thermique des mers (pas de production en 2011): Basée sur le différentiel de température entre les eaux de surface et les eaux profondes marines, l’énergie thermique des mers offre un potentiel important de réduction de la consommation d’électricité liée à la climatisation des bâtiments tertiaires.

 

Biomasse (production de 211 MW en 2011 à partir de la bagasse) : La valorisation énergétique de la biomasse est déjà bien développée, à travers la combustion de la bagasse issue de la canne à sucre. Cette source d’énergie présente encore un potentiel de développement important, à travers la filière bois-énergie et surtout le biogaz provenant des déchets et des boues des stations d’épuration.

 

Le FEDER soutiendra le développement de ces nouvelles sources d’énergie afin d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de l’île, conformément aux orientations du SRCAE. Le FEDER se focalisera sur le développement des sources d’énergies renouvelables hors hydroélectricité et photovoltaïque, excepté pour des opérations expérimentales ou démonstratives concernant des équipements autonomes c’est-à-dire non concernées par le rachat d’électricité.

Maîtrise de la demande en électricité dans les logements et les bâtiments publics

La consommation électrique de l’île se répartit en 3 secteurs : le résidentiel et le tertiaire, qui constituent plus de 80% de la consommation totale, et l’industrie. La consommation domestique est de 1054 GWh (41,7% de la consommation totale), soit une moyenne de 0,108 tep/habitant.

 

Entre 2006 et 2012, la consommation par abonné a diminué de 6,1%. Les efforts de maitrise de la demande du secteur résidentiel menés durant cette période (chauffe-eau solaire, lampes basse consommation,…) contribuent à ce résultat et offrent encore un potentiel important d’économie d’énergie.

 

Le PO poursuivra le soutien à la maîtrise de la demande en électricité à travers la réhabilitation thermique des logements à caractère social et les bâtiments publics, ainsi que leur équipement en solaire thermique (objectif de 50 à 60% des logements équipés en 2020).

 

Augmenter l’usage des transports collectifs et des modes doux

En tant qu’espace insulaire fortement dépendant des transports aériens et maritimes et connaissant une forte croissance démographique, La Réunion est confrontée à une augmentation régulière de sa consommation en énergie et un recours accru aux ressources fossiles. L’île a ainsi importé 1 289,3 ktep de combustibles fossile en 2011.

 

Avec 62% des consommations énergétiques finales en 2013, le secteur des transports se distingue particulièrement. 71% des consommations de ce secteur sont liées au seul transport routier. Cependant, avec 20% des consommations énergétiques finales, la place du transport aérien dans le bilan énergétique de l’île doit être soulignée. Hors secteur aérien, le taux d’indépendance énergétique est ainsi porté à 14,7%.

 

En lien avec les consommations croissantes d’énergies fossiles, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont fortement augmenté au cours des deux dernières décennies (+12,7% entre 2005 et 2010). Les émissions de CO2 représentaient 4162 kt en 2012, en intégrant le CO2 émis par le transport aérien pour les vols nationaux (soit environ 9% des émissions). Avec des émissions de CO2 de 4,4 t/habitant (hors transport aérien), l'île reste bien en dessous du niveau national de production de GES (5,52 tCO2/hab en 2010), alors même que l’essentiel de la production électrique française est d’origine nucléaire.

 

Afin de réduire l’augmentation des importations de carburant fossile pour les transports, le PO FEDER soutiendra le développement des transports collectifs et des modes de déplacement doux en milieu urbain.

Contribution à la Stratégie UE 2020

Cet axe contribuera à une croissance durable en visant la diminution de la facture énergétique du territoire. Les actions viseront l’augmentation de la production d’énergie renouvelable (SWAC et biomasse), l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments publics et du logement à caractère social ainsi que le développement des transports collectifs et des modes doux.

 

Il s’inscrit dans les orientations du position paper, qui encourage le développement des transports en commun. Il répond également à la priorité de réduction de la dépendance énergétique de l’île, identifiée dans le plan d’action des RUP.