Axe 3 - Améliorer la compétitivité des entreprises

Favoriser la création d’entreprises, notamment dans les domaines de spécialisation intelligente

43 964 entreprises exerçaient une activité marchande (hors agriculture) en 2011, soit 60% de plus qu’en 2003. Le tissu économique de La Réunion est principalement composé de micro-entreprises et plus particulièrement d’entreprises individuelles (sans salariés) : l'île comptait, fin 2010, 72,6% d’établissements sans salarié, contre 67,2 % au niveau national. La création d’auto-emploi est en effet prépondérante (60% des créations d’entreprises individuelles), en raison du taux de chômage élevé.

 

L’économie réunionnaise connait une certaine vitalité de la création d’entreprises ; elle est toutefois en baisse suite aux effets de la crise économique. En 2011, le taux de création d'entreprises (nombre d'entreprises créées ramené au stock), était de 14,1% (14,3% au niveau national). Au niveau national La Réunion est ainsi passée du 1er rang en termes de taux de création d’entreprises en 2008, au 12ème rang en 2013. Par ailleurs, seulement 60,5% des entreprises créées en 2006 sont toujours en activité après trois ans d’existence et 41,5% après cinq ans. Les analyses indiquent une corrélation entre le faible taux de survie des entreprises et le taux élevé d’établissements sans salarié.

 

Le taux de création le plus important concernait, en 2011, l’hébergement et la restauration, avec plus de 20% des créations, devant le commerce (18,3%) et les autres services (18%). Le secteur tertiaire est ainsi le terreau le plus fertile pour la création d’entreprises. Les secteurs des TIC, du tourisme et de l’agro-nutrition, en partie intégrés dans la S3, connaissent une évolution importante du nombre d’entreprises et d’emplois (entre +5% et +14% entre 2008 et 2012).

 

L’objectif du PO est donc de dynamiser la création d’entreprises dans les secteurs prioritaires de la S3 : TIC, tourisme, bio-économie dont certaines actions bénéficieront de bonification et de renforcer les soutiens directs pendant les premières années suivant la création, à travers des outils de financement adaptés et des aides à l’investissement.

Renforcer les facteurs de production des entreprises, dont l’emploi, pour leur permettre d’améliorer leurs parts de marché

La petite taille des entreprises réunionnaises et leur caractère « atomisé » pour certains secteurs limitent leur capacité de développement. Elle ne leur permet pas de concourir pour d’importants marchés, d’avoir une visibilité internationale et de renforcer leurs facteurs de production pour augmenter leurs parts de marché. Ces difficultés ont un impact sur l’emploi, alors que 50 à 80% de la valeur ajoutée produite par les entreprises sont affectés aux frais de personnel, selon des secteurs d’activité.

 

Avec 80% de TPE/PME et une faible part d’établissements de taille intermédiaire, le tissu économique réunionnais est marqué par une problématique structurelle de sous-capitalisation de ses entreprises, qui se traduit par un faible niveau de fonds propres. Les entreprises présentent donc une fragilité financière qui freine leur accès aux outils de financements du marché bancaire et financier classiques.

 

Un enjeu de structuration s’exprime dans plusieurs filières, afin d’améliorer les niveaux de compétence, les capacités d’absorption des commandes mais aussi le développement d’une stratégie à l’export. Plusieurs organisations ont été créées afin d’associer les entreprises de diverses tailles. Elles sont appuyées par les chambres consulaires, qui jouent un rôle important sur le territoire pour la coordination des acteurs, la capitalisation et la diffusion des connaissances, l’accompagnement des initiatives individuelles et collectives. La poursuite de ces actions collectives est également nécessaire.

 

La priorité du PO est donc d’améliorer les facteurs de production des entreprises pour leur permettre de gagner des parts de marché, notamment dans les secteurs prioritaires de la S3, à travers :

  • Le soutien et l’accompagnement à la structuration des entreprises pour consolider la production locale, améliorer les conditions de production grâce à la diffusion de l’innovation et renforcer la performance des entreprises.
  • La sécurisation des dispositifs de financement pour répondre aux besoins des entreprises non couvertes par le marché et faciliter l’accès aux financements privés
  • Le développement d’une stratégie de différenciation des produits permettant d’améliorer la valeur perçue des productions locales et de dégager un avantage différentiel.

Les soutiens destinés à compenser les surcoûts liés à l'ultrapériphérie sont présentés dans l'axe 8.

Contribution à la Stratégie UE 2020

Cet axe contribue à une croissance intelligente en visant la création d’entreprises et l’amélioration de leurs parts de marché, notamment dans les secteurs de la S3. Les actions soutenues permettront de faciliter l’accès au financement des entreprises pour faire face au contexte économique spécifique de l’île.

 

Cet objectif est en cohérence avec le position paper, qui considère l’accès au financement des entreprises comme un enjeu majeur dans les RUP et avec le plan d’action des RUP, qui identifie les domaines d’activités stratégiques de l’agro-nutrition, du tourisme, de l’énergie et du numérique.