Le secteur des services marchands à la RÉUNION

Les services marchands sont souvent définis comme la catégorie résiduelle des services ne relevant ni de l’agriculture, ni de l’industrie, ni du commerce et ni des services administrés (administration, santé et éducation). Ils peuvent être agrégés en cinq sous-ensembles caractérisés par des évolutions et des logiques différentes :

 

  • Les services aux ménages représentent plus de la moitié de la valeur ajoutée (VA) totale du secteur des services marchands en 2011. Ils en sont également les premiers pourvoyeurs d’emplois. Les services aux ménages se sont développés dans le sillage du rattrapage des niveaux de vie, qui ont atteint aujourd’hui un palier et leur rythme de croisière.
  • Les services aux entreprises génèrent une VA deux fois plus faible qu’en France métropolitaine : 6,1 % de la VA totale en 2011 contre 12,4 % en métropole. L’offre de services aux entreprises reste relativement limitée en raison de la faible représentation à la fois de grandes entreprises et du secteur industriel, généralement grands consommateurs de services externalisés.
  • Les activités financières et d’assurance sont devenues un rouage important dans la modernisation et le bon fonctionnement de l’économie de l’île. Leur dynamisme au cours de ces dernières années témoigne de leur rôle grandissant (hausse de 7,9 % par an de leur VA entre 2000 et 2011)
  • Les technologies de l’information et de la communication ont été très dynamiques jusqu’à la crise. Depuis, le marché est arrivé à maturité, mais connaît actuellement de nombreux bouleversements (cf. 2. L’économie numérique).
  • Les activités de transports et d’entreposage ont subi d’une part le « trou d’air » traversé par le secteur du BTP, et d’autre part les mauvais résultats enregistrés dans le transport aérien par la compagnie locale entre 2010 et 2012.

Poids du secteur dans...

… la création de richesses (2011)

35,5 %

… les effectifs salariés (2015)

31,1 %

… le parc d'entreprises (2016)

52,9 %

… les créations d'entreprises  (2016)

57,7 %


D’autres départements français, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie et en Corse, ont une industrie aussi peu développée qu’à La Réunion. En revanche, les secteurs du commerce, de la restauration-hébergement et du transport sont davantage développés dans ces départements du sud de la France. À La Réunion, ces secteurs occupent 9 % des personnes en âge de travailler, contre 12 % dans ces départements du sud de la France, et en province en général. En outre, dans ces départements, l’absence d’industrie peut aussi être contrebalancée par un non-salariat plus développé : à La Réunion seulement 6 % des personnes en âge de travailler exercent une activité non-salariée (chefs d’entreprises, artisans, commerçants, professions libérales, exploitants agricoles, etc.), contre plus de 9 % dans la plupart des départements du sud de la France.

 

Toutefois, ces pans de l’économie réunionnaise se maintiennent, voire augmentent légèrement sur les dix dernières années. Les créations d’emplois dans l’industrie, le commerce, la restauration-hébergement, les transports ou au sein des non-salariés ont suivi le rythme de la croissance démographique. Ces secteurs ont donc su adapter leur production aux besoins de la population. Ils résistent aussi aux vagues de délocalisation et à la concurrence d’autres régions ou pays.