Le secteur de la SANTÉ à la RÉUNION

L’offre de soins progresse, mais la densité en médecins spécialistes reste faible

Au 1er janvier 2016, l’Agence régionale de santé océan Indien (ARS-OI) a recensé 14 428 professionnels de santé (+3,9 % par rapport à 2015). L’augmentation des effectifs d’infirmiers et de médecins spécialistes contribue fortement à cette évolution. En un an, les plus fortes progressions concernent le nombre de diététiciens (+16,1 %), pédicures-podologues (+11,7 %) et d’opticiens (+10,8 %).

 

 

Alors que la densité des médecins généralistes est proche de celle de la France métropolitaine, celle des spécialistes y est moindre. Parmi ces derniers, la densité des psychiatres et celle des médecins du travail, reste la plus faible avec respectivement 15,6 et 7,7 pour 100 000 habitants, contre 22,8 et 11,0 au niveau national. Les spécialités telles que l’ophtalmologie, la dermatologie et la rhumatologie sont également touchées par cette moindre densité. À l’inverse, la pédiatrie, la gynécologie-obstétrique et l’anesthésie-réanimation ont une densité supérieure à celle de la France métropolitaine. Parmi tous les professionnels de santé, les infirmiers sont les plus nombreux, avec une densité de 846 pour 100 000 habitants qui reste néanmoins en deçà du niveau    métropolitain (967    pour    100 000 habitants).    Les    masseurs    kinésithérapeutes, orthophonistes et sages femmes sont bien représentés à La Réunion, avec une densité qui atteint respectivement 175, 54 et 185 contre et 123, 36 et 145 en France métropolitaine. La densité des orthoptistes, celle des podologues et celle des diététiciens restent les plus faibles (de 6 à 8 professionnels pour 100 000 habitants).

Une capacité d’accueil en deçà de celle de la France métropolitaine

24 établissements de santé délivrent les soins hospitaliers (4 publics et 20 privés) avec  une répartition géographique satisfaisante. Depuis 2012, La Réunion est dotée d’un Centre Hospitalier Universitaire implanté sur deux sites (Nord et Sud) qui contribue à l’autonomie de l’île en matière de soins hospitaliers : 98 % de la population se fait hospitalier localement.

 

La  capacité  d’accueil  à  La  Réunion  est  de  3 144  lits  au  1er janvier  20152  avec  une  part importante du secteur public hospitalier (65,9 %). 371 lits sont installés pour 100 000 habitants (secteurs public et privé confondus), soit bien en deçà du même ratio en France métropolitaine, qui compte 575 lits pour 100 000 habitants.

 

 

Au 1er janvier 2015, La Réunion compte 2 559 places consacrées à l’accueil des adultes en situation de handicap. Quarante établissements sont recensés pour l’accueil des enfants et des jeunes  handicapés,  offrant  une  capacité  totale  de  2 230  places.  Le  taux  d’équipement  en établissements pour enfants handicapés est ainsi proche de celui métropolitain : 5,6 pour 1 000 jeunes de moins de 20 ans contre 6,6 en France métropolitaine. L’accueil des personnes âgées  est assuré par 21 maisons de retraite (dont 16 en Ehpad, établissements d’hébergement pour personnes  âgées  dépendantes),  regroupant  1 413  places  en  hébergement  permanent.  Le  taux d’équipement en lits médicalisés (Ehpad) pour mille habitants de 75 ans et plus est de 36,9  contre 100,4 au niveau national. Ce sous-équipement est d’autant plus préoccupant que la dépendance est plus précoce à La Réunion qu’en France métropolitaine et le nombre de personnes âgées dépendantes devrait y doubler entre 2010 et 20301. Toutefois, cette  dépendance est majoritairement prise en charge à domicile à La Réunion grâce à la solidarité intergénérationnelle, encore forte (neuf personnes dépendantes sur dix contre six sur dix en France métropolitaine).

La stratégie de santé pour les Outre-mer

Dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016, une stratégie adaptée aux spécificités ultra-marines a été planifiée. Les objectifs retenus pour cette stratégie viennent ainsi compléter ce qui découle de la stratégie nationale et s’articulent autour de cinq axes prioritaires :

  1. Améliorer l’état de santé, renforcer la prévention, lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé (particulièrement en matière de surmortalité maternelle et infantile, de diabète et des maladies cardio-vasculaires),
  2. Améliorer la veille, l’évaluation et la gestion des risques sanitaires (accès à l’eau potable, lutte anti-vectorielle…),
  3. Mieux répondre aux besoins dans le champ de l’autonomie (vieillissement et handicap),
  4. Viser l’excellence et l’efficience (renforcer la présence médicale et développer la coopération et les synergies),
  5. Réduire les inégalités d’accès aux soins et améliorer les prises en charge (sécuriser les transferts sanitaires…).

 

Cette stratégie est envisagée en deux étapes : la première couvre la période de 2016 à 2018 et vise le déploiement des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens et la seconde allant jusqu’à 2023, coïncide avec le projet régional de santé de 2e génération (PRS2) qui sera élaboré tout au long de l’année 2017. Ce PRS2 définit, pour les dix prochaines années, les objectifs stratégiques et le cadre d’action de l’ARS-OI.