Les prix à La RÉUNION

Note :

L’indice des prix à la consommation des ménages augmente en moyenne de 0,1 % en 2016 (contre 0,2 % pour la France entière), après une contraction inédite de 0,3 % en 2015. L’augmentation de 1,1 % des prix dans les services (qui représente près de la moitié des dépenses des Réunionnais) est compensée par la chute des prix des carburants (-8,1 % en moyenne). Les prix des produits alimentaires augmentent modérément (+0,2 %) tandis que les produits manufacturés connaissent une légère baisse (-0,1 %). L’inflation est nulle en glissement annuel de fin de période, alors qu’elle est de +0,6 % en métropole.

 

Une inflation quasi nulle

 

L’évolution des prix s’établit en hausse de +0,1 % en moyenne annuelle en 2016, après une année 2015 caractérisée par une situation inédite de croissance négative des prix en moyenne annuelle (-0,3 %). Pour la troisième année consécutive, l’évolution des prix à La Réunion est inférieure à celle de la France entière (+0,5 %, 0,0 % et +0,2 % en moyenne annuelle en 2014, 2015 et 2016).

 

En rythme annuel, le profil de l’évolution de l’inflation est assez erratique, mais dans une bande de fluctuation assez étroite. Après avoir passé une partie de l’année 2015 en territoire négatif (point bas à -1,2 % en janvier et mars 2015), la croissance des prix a progressivement remonté jusqu’à atteindre +0,7 % en février 2016. Elle s’est ensuite de nouveau affaiblie. Elle redevient négative en mai, puis oscille entre -0,2 % et +0,2 % en glissement annuel. L’inflation termine l’année 2016 en croissance nulle par rapport à décembre 2015, soit une tendance plus faible qu’une année auparavant (+0,4 % à fin décembre 2015).

 

La légère progression de l’inflation est principalement liée à la hausse de 1,1 % du prix des services (qui contribue à 0,5 point à la croissance de l’IPC) contre +0,3 % en 2015 et au poids de ceux-ci dans le panier de consommation des ménages réunionnais (47,5 % des dépenses). Cela est notamment dû à l’augmentation du coût de réparation des produits électroménagers (+6,4 %), du prix des hébergements hors loyers (+4,0 %) et des loyers et services rattachés (+1,0 %). La hausse de l’IPC est toutefois compensée par la forte contraction des prix de l’énergie et de la composante carburant, qui ont respectivement diminué de 4,9 % et 8,1 % en moyenne en 2016. Au total, la composante énergie de l’IPC contribue pour -0,3 point à la croissance globale de celui-ci, ce qui est toutefois moins qu’en 2015 (-0,53 %), en cohérence avec une chute du prix du baril de « Brent brut » en moyenne plus modérée : -15,6 % en 2016 à 39,8 €/baril, contre -36,3 % en 2015 à 47,2 € /baril (point bas à 28,4 €/b en janvier, suivi d’une remontée à 51,3 €/baril en décembre 2016). Les autres composantes sont quasiment stables ou en évolution très contenue. Le poste alimentation progresse légèrement (+0,2 % en moyenne), soit une contribution positive de 0,04 point. Le prix moyen des produits manufacturés diminue quant à lui de 0,1 % tandis que les prix du tabac sont stables. À la fin décembre 2016, la composante alimentation progresse de 0,5 % par rapport à décembre 2015 (+1,8 % fin 2015 par rapport à fin 2014) tout comme celle des services dont la progression a fortement ralenti à 0,1 % en glissement annuel (+1,0 % fin 2015). Au contraire, les prix des produits manufacturés sont en contraction de 0,3 % (-0,1 % fin 2015), la composante énergie en recul de 1,1 % (-3,9 % en 2015) et le tabac en baisse de 0,1 % (stable fin 2015).

 

Une réglementation des prix spécifique

Spécificité des Départements et Régions d’outre-mer, les prix de certains biens et services sont fixés par autorisation préfectorale, en vertu du décret n°88-1045 du 17 novembre 1988. Il s’agit des biens et services suivants : ciment, farine, riz usiné localement, livres, médicaments, maisons de retraite non conventionnées, taxis, communications téléphoniques, cantines scolaires publiques, pension et demi-pension dans les établissements publics locaux d’enseignement, transports publics urbains de voyageurs, remorquage dans les ports maritimes, outillages dans les ports maritimes et fluviaux, manutentions portuaires et consignataires de navires.

 

Les prix des produits pétroliers et gaziers à La Réunion sont fixés en application des dispositions du décret n° 2013-1315 du 27 décembre 2013, qui constitue le nouveau cadre de détermination du prix des hydrocarbures. Ce régime établit un mécanisme qui permet de se conformer aux conditions réelles du marché et d’assurer la transparence sur la formation des prix.

 

Le Bouclier qualité-prix, mis en place avec la loi n°02012-1270 du 20 novembre 2012 relative à la régulation économique outre-mer, constitue une autre spécificité de la formation des prix à La Réunion. Il consiste en une négociation annuelle d’un accord de modération du prix global d’une liste de produits de consommation courante. Cette liste établie par les parties signataires comporte, en 2016, 107 produits (comme en 2015) répondant aux critères de qualité précisés dans la liste et répartis en sept familles : alimentaire, boissons, entretien ménager, petit équipement ménager, fruits et légumes, hygiène corporelle, produits pour les très jeunes enfants.

Les établissements du secteur du commerce de détail à dominante alimentaire d’une surface égale ou supérieure à 950 m2 sont soumis aux dispositions de cet accord. En 2016, le prix global maximum autorisé de cette liste, entendu toutes taxes comprises, est fixé à 291 euros (contre 292 euros en 2015). Ces produits, dont les deux tiers sont alimentaires, sont choisis dans une liste de produits locaux les plus consommés par les Réunionnais