Commerce Extérieur de La Réunion

Note:

À l’instar des autres DOM et de la majorité des économies insulaires, l’économie de La Réunion a largement recours aux importations pour ses approvisionnements en biens et en matières premières. Sa balance commerciale est donc structurellement déficitaire. La métropole reste de loin le premier partenaire commercial et le sucre le premier produit exporté.

En 2016, le déficit de la balance commerciale sur les échanges de biens s’est dégradé et s’élève à 5,4 milliards d’euros. Les importations totales progressent de 20,7 %, en lien avec une demande interne soutenue et la livraison exceptionnelle de 4 avions. Les exportations enregistrent une progression sensible sur l’année (+6,7 %). Le taux de couverture des échanges de biens avec l’extérieur s’établit à 5,6 %

La Réunion est présente à la Commission de l’océan Indien (COI) depuis 1986 aux côtés de Maurice, de Madagascar, des Seychelles et de l’Union des Comores. D’autres ensembles régionaux ont plus spécifiquement vocation à développer les échanges : la SADC (South african development community), composée de 14 pays ; la COMESA (Commission market for eastern and southern Africa), forte de ses 19 membres, qui a lancé une union douanière en 2009, et l’IOR-ARC (Indian ocean rim – Association for regional cooperation) qui regroupe les États riverains de l’océan Indien (20 États depuis l’adhésion des Comores en 2012). Ces ensembles régionaux font partie de l’environnement économique immédiat de l’île et en deviennent progressivement des interlocuteurs privilégiés dans le cadre de la coopération régionale.


Le développement international de la Réunion

Forces

  • 208 entreprises réunionnaises ont investi à l’extérieur en 2007, un quart sont présentes dans la zone (Afrique-Océan Indien).
  • 24 Volontaires Internationaux en mission à l’étranger pour le compte d’entreprises réunionnaises fin 2009 (soit 38 depuis 2001).
  • Des dirigeants motivés par l’aventure export avec une démarche avancée ; qui s’insèrent dans des réseaux, et réfléchissent aux problèmes de commerce international et de logistique ; ils s’informent et se forment.
  • Une expertise à faire-valoir sur des marchés de niches avec des avantages concurrentiels indiscutables.
  • Une image de qualité dans la zone même s’il reste important de la développer.
  • Un réseau d’organismes d’accompagnement de projets conséquent.
  • Appartenance à l’Union Européenne : la Réunion est le seul département français et région européenne dans l’océan indien ce qui implique des infrastructures de haut niveau, un environnement réglementaire et juridique clair, une forte technicité chez les entreprises, un accès aux financements européens…
  • Infrastructures portuaires et aéroportuaires de qualité : Troisième port français, Port-Réunion rivalise avec les ports européens pour le trafic conteneurs.
  • Des formations de haut niveau (Université, Ecoles d’ingénieurs, Ecole de commerce…).
  • Localisation géographique stratégique au coeur d’une région dynamique, sur deux axes de trafic maritime : un axe nord-sud entre l’Europe (principalement la France) et les îles de l’océan indien, et un axe transversal entre l’Afrique (notamment la République sud-africaine) et l’Asie.

Faiblesses

  • Moins de 2% de l’ensemble des sociétés réunionnaises exportent quand ce ratio est d’une entreprise sur 20 en métropole.
  • La Réunion se classe au 23ème rang régional en 2009 du palmarès des régions exportatrices françaises.
  • Le déficit de la balance commerciale sur les échanges de biens s’est de nouveau accru en 2008 et il touche l’ensemble des familles de produits, à l’exception du sucre, du rhum et du poisson.
  • Les échanges de la Réunion restent très polarisés sur la métropole qui représente 2/3 des échanges de l’ile.
  • Méconnaissance des chiffres de l’export de services qui sont difficilement mesurables.
  • Ressources financières limitées des entreprises pour permettre leur développement à l’export
  • Problématique de ressources humaines liée à un manque de formation en commerce international (interne/externe à l’entreprise).
  • Méconnaissance et sous-utilisation des dispositifs publics d’appuis et d’aides au commerce international.

 


A la Réunion, tous les milieux qu’ils soient politiques, institutionnels ou économiques, s’accordent pour prôner plus d’ouverture à l’international, plus de coopération régionale. Tous reconnaissent les atouts des entreprises réunionnaises, tant dans la production de biens que de services. Chacun insiste sur la nécessité vitale de se développer à l’international et plus particulièrement dans cette partie du monde regroupant le tiers de l’humanité et conservant un taux de croissance positif.

 

L’export ne s’improvise pas, il se maitrise.

 

L’export pour nos économies insulaires est vital, car nos marchés sont petits, même si jusqu’à présent ils étaient en croissance. Il permet de se confronter à la vraie concurrence et de mieux se préparer aux attaques de notre marché intérieur qui sera de toute façon de plus en plus ouvert. L’export renforce donc les entreprises et les aide à amortir les effets de la crise. En effet, le contexte international est difficile. Les chiffres du commerce extérieur sont mauvais parce que la demande est mauvaise en Europe et sur la plupart des marchés mondiaux, à quelques rares exceptions près. Trop peu d’entreprises réunionnaises sont aujourd’hui présentes à l’export bien qu’elles aient investi ces dernières années dans des secteurs variés et aient développé des produits ou des services innovants. La majorité d’entre elles, comme en métropole, sont par ailleurs des PME, à plus de 80%. Un nombre important d’entreprises exportatrices comptent même moins de 20 salariés, environ 60% d’entre elles.

 

Aujourd’hui les exportations se font au détriment des pays de la zone. Les principaux marchés pour les produits locaux se situent aujourd’hui au-delà de l’Europe qui absorbe pourtant le tiers des exportations, sur les marchés de forte croissance comme l’Asie-Océanie. Certaines entreprises réunionnaises n’ont pas peur, vont plus loin et surtout réussissent à conquérir des marchés réputés exigeants et friands d’innovations. Elles ont raison d’aller là où la demande est forte, où la croissance est forte, où l’appétit pour de nouveaux produits est grand.